L’ecstasy, petite pilule du bonheur apparue dans les années 80 pour aider ceux qui ne savent pas s'amuser naturellement à faire les crétins, pourrait bien devenir plus utile que ce qu’on ne pensait au départ, du moins, son principe actif.
Le principe actif de ce petit cachet coloré qui nous fait voir la vie en rose répondant au doux nom scientifique de méthylène-dioxyméthamphétamine, ou MDMA, a quelques effets intéressants sur le cerveau aux yeux des scientifiques.
On connaît bien la manière dont la MDMA, molécule découverte par erreur en 1912 lors de recherches sur un coupe-faim, agit sur notre système nerveux. Ce composé augmente dans le cerveau le taux de sérotonine et de dopamine. En gros, la sécrétion de sérotonine nous rend de bonne humeur et plutôt actif, la dopamine, dont la production est liée à celle de la sérotonine, augmente notre sensation de plaisir et notre motivation.
La MDMA provoque donc artificiellement des états d’excitation et d’enthousiasme, d’où son succès en tant que drogue. Mais les quantités importantes de MDMA, associée à l’héroïne, la cocaïne, la caféine présentes dans ces pilules du bonheur sont aussi responsables de quelques effets secondaires beaucoup moins amusants… Nos réserves de sérotonines ne sont pas inépuisables, et pour retrouver les mêmes sensations, les « ecstasiés » ont tendance à en rajouter un peu à chaque consommation, ce qui les fait rentrer dans un cercle vicieux qui vaut son pesant de cacahuètes.
Dans le désordre : troubles cardiaques, paranoïa, anxiété, réactions de panique, hyperthermie (élévation de la température corporelle allant jusque 43°, donc la mort), j’en passe des plus rigolotes encore… Bref, on finit par ressembler à un pitbull caractériel et dépressif, constamment au bord de la crise cardiaque suant comme un bœuf en permanence, le tout avec la joyeuse couleur de peau du cadavre d’un finlandais albinos, ce qui, il faut bien le reconnaître, n’aide pas trop pour une vie sociale équilibrée…
Mais à toute chose malheur est bon. Ce ne sont évidemment pas les effets secondaire de ce dérivé d’amphétamine qui intéressent les chercheurs, mais bien son action sur la sécrétion de sérotonine et de dopamine. Depuis que la MDMA est considérée comme une drogue par les gouvernements, toutes les recherches ont été abandonnées, faute d’autorisation, mais pour des cas bien précis, de nouvelles investigations pourraient apporter une solution à des malades souffrant de troubles psychologiques graves : les victimes de maladies incurables et de troubles suites à de grands traumatismes.
Pour ceux qui n’ont plus d’espoir de guérison, le lent processus vers la mort est, on l’imagine, difficile à supporter. Les meilleurs psychologues et psychiatres du monde ne peuvent pas redonner espoir à ceux qui n’en ont plus, et pour cause puisqu’ils se savent condamnés à court terme.

L’autre catégorie de patients souffrant d’angoisse importantes (rien à voir avec la dépression et les angoissés chroniques qui se soulagent à coups d’anxiolytiques de type benzodiazépine), ce sont ceux qui souffrent d’un syndrome post-traumatique (Post-Traumatic Stress Disorder ou PTSD dans une autre langue plus barbare) suite à un grave accident de la route, un incendie, un attentat ou autre joyeuseté du même acabit. Pour les raisons expliquées plus haut (sécrétion de sérotonine et de dopamine), la MDMA crée une sensation de bien-être et d’euphorie qui libère de l’état d’anxiété pendant plusieurs heures tout en stimulant la communication. Cet effet permet alors au patient d’envisager sa situation avec une plus grande sérénité de verbaliser plus facilement, avec pour bénéfice, chez les victimes de PTSD de parler de leurs peurs et leurs angoisses, d’en analyser leurs origines pour éventuellement s’en débarrasser à terme Quant aux patients atteints par une maladie incurable, il s’agit de leur fournir un confort de vie relatif jusqu’au souffle final.
Bien qu’on ne connaisse pas les effets secondaires à long terme de la MDMA, pour les scientifiques, l’effet est bénéfique pour les patients condamné, peu importe que ça leur détruise la cervelle, en attendant, ils auront vécu leurs derniers mois dans une plus grande sérénité et donc un meilleur confort psychologique, quant aux victimes de PTSD, il faudra de longues années d’études cliniques pour se faire une idée plus précise sur les effets bénéfiques ou pas d’un traitement à la MDMA, puisque chez les personnes déprimées, les réserves de sérotonines sont déjà faibles et l’ecstasy version clinique pourrait encore aggraver la pénurie.
Quoi qu’il en soit, n’essayez pas d’expliquer au flic qui vient de découvrir vos trente comprimés d’ecstasy dans votre poche que c’est pour vous soigner d’une baffe que votre mère vous a collé quand vous étiez enfant, d’abord, il ne vous croirait pas, et en parlant de PTSD, il pourrait bien vous coller au trou pour outrage à agent…
Source : Sciences et Vie Lien utile : www.infor-drogues.be
Mise en ligne par Monsieur_P
Date: Thursday, October 13 2005
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