Les familles, qu'elles soient traditionnelles, monoparentales ou recomposées, chrétiennes, musulmanes ou juives, fêtent de plus en plus Noël comme une véritable célébration des valeurs familiales.

Loin de s'estomper, explique l'historienne Anne Martin-Fugier, l'envie de célébrer la famille se cristallise plus que jamais autour de Noël alors qu'un mariage sur trois aboutit à un divorce, que les familles monoparentales sont légion et que les homosexuels revendiquent aussi le droit à l'enfant.
Le Noël que nous connaissons aujourd'hui, explique de son côté Martyne Perrot, auteur d'une « Ethnologie du Noël », est né au 19ème siècle en Angleterre, dans les familles bourgeoises qui ont consacré une sorte de nouvelle trinité profane : famille, enfance et charité. On est passé, ajoute-t-elle, d'un rituel religieux au rituel familial (...), les grands magasins accompagnant ce passage à la fin du 19ème siècle.
Alors, Noël, comme les vacances d'été, occasionne de grands rassemblements qui scandent la vie des familles.
Chacun, en cette période, souhaite célébrer les liens familiaux. Tels ces pères de SOS papa qui, chaque année, à l'approche du 25 décembre, veulent sensibiliser le public au fait qu'un enfant sur 10 passera Noël sans son papa, en raison de la séparation de ses parents.
Au-delà du clivage religieux, et même de toute référence chrétienne, Noël réunit les familles. En France, nombre sont les personnes de culture juive ou musulmane, croyantes ou pas, qui célèbrent Noël chacune à leur façon.
Ainsi, d'après un sondage CSA, 96% des musulmans de France voient dans Noël l'occasion de se retrouver en famille. Selon le journaliste Hakim El-Ghissassi, à moins d'être rigoristes, mais cela ne doit concerner que moins de 5% des musulmans de France, même les pratiquants bricolent une fête de Noël, a-t-il déclaré à l'AFP. Et si l'on décore un sapin à la maison, on dit qu'après tout, il exprime la verdure et donc la vie. Juste retour à la tradition païenne où, à l'époque du solstice d'hiver, la fête succédait au travail.
Même bricolage dans beaucoup de familles juives où l'on note, ces dernières années, un regain de festivités autour de Hanouka, la fête des lumières, toujours célébrée en décembre et à l'occasion de laquelle les enfants reçoivent des cadeaux.
Corollaire de ce resserrement des liens familiaux : le cadeau. Selon une enquête de l'Insee réalisée en 1995-1996, entre Noël et le 1er janvier, seulement 3% des ménages n'ont ni reçu ni donné de cadeaux! Et 62% des dépenses de l'année consacrées aux cadeaux se font au moment de Noël. S'il était besoin, encore, de montrer la prééminence de la dimension familiale de la fête : seulement 10% du budget cadeau concerne la sphère amicale.
Selon cette même étude, le flux des cadeaux continue à aller prioritairement des plus âgés aux plus jeunes. Signe des temps, remarquent les auteurs de l'enquête : la diminution du mariage et la montée du divorce ont contribué à recentrer le réseau de parenté sur la relation mère-fille.
Les solitaires ou ceux que le sociologue Jacques Godbout appelle les éclopés des rapports sociaux fuient la période de fin d'année ou la détestent (soit environ un LGBT sur cinq).
Les plus altruistes se proposent comme bénévoles dans les associations caritatives, quitte à voir refuser leurs services comme aux Restos du Coeur qui souhaitent des âmes de bonne volonté toute l'année et pas seulement lorsque l'on se sent seul.
Sources & rédaction : Anne-Marie LADOUES (AFP)
Il suffit d’y croire…
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Mise en ligne par Axel
Date: Monday, December 27 2004
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